Et voilà , après un réveil matinal dans la gare de Kyiv et un adieu aux jeunes partant pour leur service militaire, une journée à Kyiv avec monsieur le professeur et Clément, et rebelotte dans l’autre sens. Cette fois nous sommes trois, et à peine rentrés dans le train, tout le wagon le sait : il y a des étrangers dans le compartiment du fond. Nous nous asseillons, accompagnés de trois autres personnes. Le train s’en va, la contrôleuse passe, prend nos billets, puis elle me lance « Mais enfin, vous n’êtes pas là ! Le numéro six est de l’autre côté ! ». Ah, bon, il me faudra donc encore de l’entraînement avant de maîtriser les petits écriteaux.
Je change donc de compartiment, et me retrouve assis au milieu de trois ukrainiens qui me regardent en souriant. Ben quoi, ça vous arrive pas à vous aussi de vous tromper avec ces petits écritaux ? Ils sont très amusés et commencent à me poser des questions sur ce que je fais là , sur la France, etc. Ca fait bien plaisir, c’est la première fois que j’arrive à peu près à tenir une discussion en russe avec des inconnus. L’un d’eux cependant parle ukrainien et cela me demande encore trop de concentration.
Chaque wagon est géré par deux ou trois personnes qui s’occupent de contrôler les billets, de vendre du thé, du café, d’apporter les draps à 21h00, de réveiller les passagers dont c’est le tour de descendre du train. Nous finissons par nous faire offrir une tasse de thé par une contrôleuse, à côté de leur loge. Les choses deviennent vraiment très simples quand les gens sont amusés de voir des étrangers, et quand on peut parler leur langue !
Mais lorsque je reviens à ma place, surprise, un de mes voisin vient d’acheter une bouteille de vodka ! Car oui, il est aussi possible d’acheter de la vodka ou de la bière chez ces dames. Pour ceux qui s’inquiètent de la santé de mon foie, et il y en a, pas d’inquiétude, nous n’avons pas bu plus d’une bouteille. Clément et monsieur le professeur se joingnent donc à nous, tout le monde partage son casse-croute avec les autres, sauf les français bien sûr, qui n’en ont pas. Il faudra vraiment que je pense la prochaine fois, à toujours amener quelque chose à manger et à partager quand je prends le train, ça devrait être un réflexe au cas où…
A 23h, les lumières s’éteignent. La plupart des gens ont fait leur lit et se sont couchés, et il ne reste qu’une petite veilleuse qui éclaire chaque compartiment. Mais dans notre compartiment, la fête continue avec ces gens inconnus que nous quitterons demain et que nous ne reverrons jamais.